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Perquisition du siège de McKinsey en France

Perquisition au siège français de McKinsey : zoom sur cette affaire

Antonin Buret
mis à jour le 25/05/2022

Sommaire

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Ce mardi, une perquisition était en cours au siège français de l'entreprise McKinsey & Company, l'entreprise étant accusée de fraude fiscale. Keyliance fait le point avec vous sur cette affaire.

Un passé quelque peu tumultueux

McKinsey, cabinet de conseil en stratégie, collabore avec bon nombre de gouvernements, d’organisations, recrute des élèves excellents sortis de grandes écoles, et à su construire son empire au fil du temps, ainsi qu’une identité de marque efficace. Bien entendu, de tout ceci à découlé une sorte de controverse à l’égard de l’entreprise, sur les réelles qualités de ses analyses, des réelles raisons de ses facteurs clés de succès, et sur son éthique. Effectivement, le cabinet américain fondé en 1926 à Chicago aux Etats-Unis, n’a jamais vraiment été transparent vis-à-vis de ces choses là, laissant une partie importante relative au secret d’entreprise.

Afin de mieux comprendre les événements récents, remontons dans le temps. Courant des années 2000, l’affaire Enron surgit, étant une société conseillée par McKinsey et ayant fait faillite en 2001. Il s’avère que cette dernière transformait certaines de ses pertes en gains par le biais de d’actions particulières en comptabilité. Cette affaire n’a pourtant pas eu de graves conséquences sur McKinsey, qui s’en sort très bien, mais à fait chuté Andersen, le cabinet de conseil et d’audit.

Quelques années plus tard, de 2009 à 2012 est apparu un autre scandale, qui cette fois-ci impacte plus lourdement la société de conseil en stratégie, où même GUPTA Rajat, PDG de l’entreprise de 1994 à 2003 et l’ayant rejoint dès 1973, est impliqué. Cet homme, qui à également conseillé McKinsey de 2005 à 2007, à été condamné à deux ans de prison pour avoir été reconnu coupable de délit d’initiés. De plus, du fait qu’elle survient au moment où la crise économique de 2008 continue d’être impactante, cette affaire suscitera par la suite une méfiance générale de la population à l’égard des multinationales.

Enfin, de l’autre côté de l’océan Atlantique, un scandale à également éclaté avec la crise des opiacés. Concernant ceci, TLAIB Rashida, députée américaine et cadre du cabinet, à comparue devant le congrès par le biais d’une interpellation violente. McKinsey avait même été comparé à Big Pharma et Pablo Escobar dans le cadre de cette affaire. Des preuves ont été fournies par rapport à l’empoisonnement de femmes enceintes avec de l’oxycotin (anti-douleur) par l’entreprise, sous prescription.

L’affaire McKinsey

Le 31 mars dernier, une enquête préliminaire à été ouverte pour cause de blanchiment aggravé de fraude fiscale. McKinsey est soupçonnée de ne pas payer un seul centime d’impôt sur les sociétés depuis maintenant dix ans. La perquisition actuelle, confirmée par le parquet national financier à l’AFP, s'inscrit dans la continuité de cette enquête.

Lors de la présidentielle de l’année 2017, une polémique avait effectivement été engendrée. L’opposition demandait à plusieurs reprises une enquête à l’encontre du cabinet, considérant qu’il y avait potentiellement lieu de favoritisme de la part d’une majorité macroniste. Le candidat à la présidentielle s’était prononcé en expliquant que cette absence de paiement d’impôts était due aux réglementations fiscales alors en vigueur. Effectivement, durant le premier quinquennat du président français réélu Emmanuel Macron, plus précisément dans le cadre d’un rapport paru le 16 mars par la commission d’enquête du Sénat, indiquait que la société avait atteint un montant record dépassant le milliard d’euros entre elle et l’Etat, ayant doublé le nombre de contrats en trois ans. Ce à quoi, du fait que nombreux étaient ceux qui reprochaient au chef de l’Etat ces multiples contrats, celui-ci à répondu le 27 mars que s’il y avait bel et bien lieu de manipulation, que ça “parte au Pénal”.

La perquisition et ce qu’elle englobe

Cependant, dans le cas de la perquisition actuelle, McKinsey affirme respecter les règles fiscales françaises, en précisant également qu’une de ses filiales avait versé l’impôt sur les sociétés (taxe sur laquelle McKinsey est soupçonnée de fraude) pendant six ans. Notons que le cabinet possède deux principaux établissements en France : “McKinsey & Company SAS” et “McKinsey & Company Inc.”, toutes deux sujettes au versement de l’IS (impôt sur les sociétés). Rappelons également, par le biais d’un rapport des sénateurs français quant à cette affaire, que la multinationale à un chiffre d’affaires de presque 330 millions d’euros atteint en 2020 sur l’hexagone, incluant près de 5% du secteur public, et embauche 600 salariés. À celà le cabinet ajoute qu’il collabore pleinement avec les autorités françaises dans le cadre de cette perquisition, et que toutes les informations demandées par le parquet financier ont été fournies.

Le Parquet et le Sénat en ébullition

Le PNF (Parquet National Financier) a indiqué au journal français “Le Figaro” que la présente enquête vise bel et bien le cabinet quant au statut fiscal qu’il arbore en France. Il ajoutait aussi que si les accusations s’avèrent être véridiques, fondées, la société encourt une amende de 750 000€ et une peine de dix ans de prison. Par ailleurs, l’amende peut aller jusqu’à une valeur qui équivaut à la moitié des fonds ou des biens sur lesquels les opérations de blanchiment ont été portées. Quant à ceci, McKinsey affirme que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas véridiques, et qu’il se tient à l’entière disposition des autorités/administrations compétentes, toujours dans leur démarche de coopération.

Le Sénat à annoncé que le parquet à été récemment saisi pour l’objet de soupçons de faux témoignage, s’accordant à la fiscalité du cabinet dans l’hexagone. En effet, les élus concernés réprimandent TADJEDDINE Karim, un dirigeant lié à l’entreprise, que ses propos durant une audition de janvier s’avèrent être faux, alors qu’il avait prêté serment qui plus est. Il s’exprimait sur le fait que McKinsey payait bel et bien l’IS sur notre territoire et que les salaires s'inscrivaient dans une société de droits Français. Choses contredites par le Sénat.

Dorénavant, il ne reste plus qu'à attendre de voir ce qu'il résultera de cet évènement.

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