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La guerre des livrets d’épargne

Épargne : une guerre des livrets entre banques ?

Chloe Penet
mis à jour le 14/03/2023

Depuis quelques mois maintenant, les taux de l’épargne connaissent une certaine hausse contraignant ainsi les ménages et les entreprises à ne plus accepter de laisser dormir leurs dépôts non rémunérés sur leur compte courant. Afin d’y faire face, le secteur bancaire commence petit à petit à mettre en place des « super livrets » d’épargne avec des taux promotionnels avantageux.

Les banques font la pub de nouveaux livrets intéressants

Depuis le début de l’année, une publicité fait frémir dans les rues d’Annecy. Il s’agit du Crédit Agricole qui cherche à attirer l’attention grâce à un livret baptisé « Fortissimo à taux boosté de 4% », un niveau en adéquation avec celui du Livret A qui n’est pas fiscalisé. Selon Ludovic Thomas, directeur marketing et responsable de l’épargne de l’établissement : « Nous avons recueilli 300 millions d’euros depuis le début de l’année sur ce nouveau produit ».
Cette rémunération sera appliquée pendant trois mois, puis elle retombera à 0,5%. De plus, il n’est pas garanti que celle-ci soit reconduite à la fin du mois. Toutefois, le symbole de cette opération reste fort après des années avec des taux faibles (voire parfois négatifs) pour les dépôts sans risque. En effet, face à un Livret A qui est passé à 3% depuis le début du mois de février qui attire un grand nombre de clients, les banques de réseau commencent peu à peu à monter leurs propres solutions.

Se tourner à nouveau vers le client

Pour Ludovic Thomas : « Notre but est de donner un signal aux clients. Notre taux promotionnel réactive la relation de conseil et ouvre ensuite une discussion sur la meilleure façon d’allouer cette épargne, par exemple sur des contrats d’assurance ».
Ainsi, la banque savoyarde se sert des recettes des « super livrets » mis à niveau il y a déjà une dizaine d’années. Ces super livrets consistent en un taux boosté pendant deux à trois mois, suivi d’une rémunération moins conséquente.
Par ailleurs, cette façon de procéder autrefois désuète à cause de taux trop faibles, revient progressivement dans les filiales de banques en ligne du Crédit Agricole (BforBank), d’Arkéa (Fortuneo), de la Société Générale (Boursorama) et du Crédit Mutuel Alliance Fédérale (Monabanq). Le but ultime reste de relancer leur franchise ou encore d’acquérir de nouveaux clients.
En ce qui concerne les banques de constructeurs automobiles (Renault Bank et PSA Finance), celles-ci sont également revenues dans la course avec pour priorité d’avoir en permanence plusieurs canaux ouverts (émissions obligataires, titrisation de crédit et collecte d’épargne) afin de financer leurs emprunts automobiles.

L’épargne subit de nombreux retournements de situation

Depuis une dizaine d’années, beaucoup de particuliers ont préféré laisser dormir leurs économies liquides sur un simple compte courant non rémunéré, soit presque la seule solution d’épargne liquide et sans risque. Une situation qui a par ailleurs été davantage renforcée durant la crise sanitaire. Il en va de même pour les entreprises qui ont dans un premier temps saturé leurs possibilités de dépôts auprès de leur banque, avant de se tourner vers des fonds monétaires à taux négatifs.
En un an, ce sont autant de repères qui n’ont cessé de s’inverser. En effet, la rémunération moyenne des dépôts bancaires a quasiment doublé, passant ainsi de 0,40% en janvier 2022 à 1,04% en janvier 2023, selon les données publiées par la Banque de France. Ainsi, les banques voient se détériorer leur base de comptes à vue, tout en considérant l’inflation qui appuie cette tendance.
Les comptes courants, tous clients confondus (particuliers et entreprises) ont perdu environ 65 milliards d’euros de dépôts entre le point haut de juillet 2022 (1,459 milliards) et la fin du mois de décembre. Parallèlement, les livrets (réglementés ou non) ont gagné presque 20 milliards d’euros, et les comptes à terme ont également explosé.
« Nous avons mis en place un système d’alarme pour les conseillers lorsque les liquidités diminuent trop rapidement, afin de comprendre ce qui se passe », précise Anne Le Goff, directrice générale adjointe d’Arkéa. A la Banque Postale, le président directoire Philippe Heim se montre plutôt enthousiaste et serein : « La stabilité des dépôts chez les particuliers est décennale, voire multi-décennale. En revanche dans les entreprises, il y a des trésoriers qui font leur travail, et c’est bien normal ».

Des financements beaucoup moins stables

Le développement considérable des dépôts à vue (ressource gratuite pour les établissements), pose la question de la stabilité du financement. En effet, les dépôts peuvent « partir » du jour au lendemain, même si leur niveau reste aujourd’hui assez élevé avec plus de 3 000 milliards d’euros confondus.
Jusqu’alors, les banques ne se sont pas lancées dans une course à la rémunération des dépôts. Toutefois, elles restent assez vigilantes.

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